Le Caire, 14 mars 1937
[…] Pour El-Khidr , j’aimerais mieux, en tout cas, si ce sujet doit être traité, qu’il le soit par un autre que moi. Il y a une sorte d’« apparentement » spirituel avec Hénoch, Elie, St-Georges, etc… mais il ne s’agit par là d’assimilations, d’identifications comme les orientalistes semblent le croire. Coom. donne la reproduction d’une miniature où l’on voit El-Khidr et Elie assis l’un près de l’autre ; s’ils n’étaient qu’un seul et même personnage, je voudrais bien savoir comment cela pourrait s’interpréter… El-Khidr est proprement le Maître des Afrâd , qui sont indépendants du Qutb et peuvent même n’être pas connus de lui ; il s’agit bien, comme vous le dites, de quelque chose de plus « direct », et qui est en quelque sorte en dehors des fonctions définies et délimitées, si élevées qu’elles soient ; et c’est pourquoi le nombre des Afrâd est indéterminé. On emploie quelquefois cette comparaison : un prince, même s’il n’exerce aucune fonction, n’en est pas moins, par lui-même, supérieur à un ministre (à moins que celui-ci ne soit aussi prince lui-même, ce qui peut arriver, mais n’a rien de nécessaire) ; dans l’ordre spirituel les Afrâd sont analogues aux princes, et les Aqtâb aux ministres ; ce n’est qu’une comparaison, bien entendu, mais qui aide tout de même un peu à comprendre le rapport des uns et des autres.
Каир, 14 марта 1937 г.
(перевод на русский язык отсутствует)